Lettre des auteures et auteurs de UNE FEMME EST UNE FEMME EST UNE FEMME
Publié le 18 septembre 2026
Un livre ne devrait-il pas être lu avant d'être jugé?
L’équipe de rédaction de Lettres québécoises n’annule pas un livre, déclare-t-elle dans une lettre ouverte parue dans Le Devoir numérique du 12 septembre 2026.
Nous n’allons pas relever chacune des affirmations douteuses et engluées dans une idéologie qui n’admet, d’aucune façon, une pensée autre que la sienne.
Cette équipe de rédaction aura beau clamer sur tous les tons ne pas annuler, ne pas bannir, ne pas censurer, ne pas interdire, mais se dissocier, de quelle éthique éditoriale se réclame-t-elle ? Jugez-en : aucun membre, nous insistons, n’a à ce jour lu notre manifeste Une femme est une femme est une femme, lequel ne paraîtra que le 28 septembre prochain. Dans son courriel de refus du texte inattaquable de Marie-Madeleine Raoult, l’équipe écrit : «Cette décision s’explique par le fait que les éditions de la Pleine lune publieront, en septembre prochain, le manifeste Une femme est une femme est une femme.» Sur la seule foi du titre et d’une phrase qui lui a déplu, elle exclut la parole d’une pionnière de l’édition féministe, Marie-Madeleine Raoult qui, avec courage et détermination, a voulu que notre ouvrage de réflexion sur divers enjeux féministes et l’effacement troublant des femmes soit publié. En se dissociant, pour reprendre son terme, l’équipe prive ainsi le lectorat de Lettres québécoises du témoignage d’une femme qui se tient au côté des écrivaines d’ici depuis un demi-siècle. C’est cela la rigueur dont l’équipe s’enorgueillit et qui publiera, dans son numéro 202, un dossier intitulé «Voix d’éditrices» dont celle de Marie-Madeleine Raoult sera absente.
S’il ne s’agissait que de cette décision qui met à mal la notion de liberté d’expression et qui fait douter de l‘exigence intellectuelle des personnes qui l’ont endossée, ce serait déjà un manquement inexcusable. Il y a plus grave. Le 15 juillet dernier, il y a deux mois donc, une personne a allumé le feu de la controverse sur Facebook, a descendu en flammes notre Manifeste non encore publié et, d’un même coup de gueule, a écorché la réputation d’une de nos écrivaines majeures dans une diatribe écrite à l’encre quasi diffamatoire. Quelque 300 personnes ont réagi sans remettre en cause cette démarche à la limite de la malhonnêteté. Or il se trouve que ce boutefeu de Facebook – il se reconnaîtra – siège à ce même comité de rédaction de Lettres québécoises. Nous laissons à l’appréciation de votre lectorat cette malfaçon pour dire le moins.
Notre Manifeste propose des réflexions qui susciteront sans doute accord, désaccord, discussion, voire contradiction. C’est précisément le destin des livres.
Claire Aubin, Normand Baillargeon, Olivier Dumas, Nadia El-Mabrook, Thérèse Lamartine, Carole Lamoureux, Louise Mailloux, Christiane Pelchat, Pol Pelletier, France Théoret.
Nous n’allons pas relever chacune des affirmations douteuses et engluées dans une idéologie qui n’admet, d’aucune façon, une pensée autre que la sienne.
Cette équipe de rédaction aura beau clamer sur tous les tons ne pas annuler, ne pas bannir, ne pas censurer, ne pas interdire, mais se dissocier, de quelle éthique éditoriale se réclame-t-elle ? Jugez-en : aucun membre, nous insistons, n’a à ce jour lu notre manifeste Une femme est une femme est une femme, lequel ne paraîtra que le 28 septembre prochain. Dans son courriel de refus du texte inattaquable de Marie-Madeleine Raoult, l’équipe écrit : «Cette décision s’explique par le fait que les éditions de la Pleine lune publieront, en septembre prochain, le manifeste Une femme est une femme est une femme.» Sur la seule foi du titre et d’une phrase qui lui a déplu, elle exclut la parole d’une pionnière de l’édition féministe, Marie-Madeleine Raoult qui, avec courage et détermination, a voulu que notre ouvrage de réflexion sur divers enjeux féministes et l’effacement troublant des femmes soit publié. En se dissociant, pour reprendre son terme, l’équipe prive ainsi le lectorat de Lettres québécoises du témoignage d’une femme qui se tient au côté des écrivaines d’ici depuis un demi-siècle. C’est cela la rigueur dont l’équipe s’enorgueillit et qui publiera, dans son numéro 202, un dossier intitulé «Voix d’éditrices» dont celle de Marie-Madeleine Raoult sera absente.
S’il ne s’agissait que de cette décision qui met à mal la notion de liberté d’expression et qui fait douter de l‘exigence intellectuelle des personnes qui l’ont endossée, ce serait déjà un manquement inexcusable. Il y a plus grave. Le 15 juillet dernier, il y a deux mois donc, une personne a allumé le feu de la controverse sur Facebook, a descendu en flammes notre Manifeste non encore publié et, d’un même coup de gueule, a écorché la réputation d’une de nos écrivaines majeures dans une diatribe écrite à l’encre quasi diffamatoire. Quelque 300 personnes ont réagi sans remettre en cause cette démarche à la limite de la malhonnêteté. Or il se trouve que ce boutefeu de Facebook – il se reconnaîtra – siège à ce même comité de rédaction de Lettres québécoises. Nous laissons à l’appréciation de votre lectorat cette malfaçon pour dire le moins.
Notre Manifeste propose des réflexions qui susciteront sans doute accord, désaccord, discussion, voire contradiction. C’est précisément le destin des livres.
Claire Aubin, Normand Baillargeon, Olivier Dumas, Nadia El-Mabrook, Thérèse Lamartine, Carole Lamoureux, Louise Mailloux, Christiane Pelchat, Pol Pelletier, France Théoret.
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